Législation du marquage des captures en méditerranée.

Dans l’arrêté du 17 mai 2011 le législateur à imposé qu’un marquage de certaines espèces capturées soit effectué dans le cadre de la pêche maritime de loisir.

Article 1
Le présent arrêté s’applique à la pêche maritime de loisir exercée sous toutes ses formes à pied, du rivage, sous-marine ou embarquée.
Il s’applique dans les eaux sous souveraineté ou juridiction française.

Article 2
Dans la zone et pour les activités de pêche visées à l’article 1er, les spécimens des espèces pêchées dont la liste est annexée au présent arrêté doivent faire l’objet d’un marquage. Ce marquage consiste en l’ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale.

Article 3
Les spécimens des espèces pêchées par des plaisanciers embarqués ou des pêcheurs sous-marins pêchant à partir d’un navire sont marqués dès la mise à bord, sauf pour les spécimens qui sont conservés vivants à bord avant d’être relâchés. Le marquage s’effectue, dans tous les cas, avant le débarquement.
Pour les pêcheurs sous-marins pratiquant à partir du rivage, ce marquage doit intervenir dès qu’ils ont rejoint le rivage.
Pour les pêcheurs à la ligne pratiquant depuis le rivage, ce marquage doit intervenir dès la capture.

Article 4
Hormis l’opération de marquage, les spécimens pêchés doivent être conservés entiers jusqu’à leur débarquement, le marquage ne devant pas empêcher la mesure de la taille du poisson.

Article 5
Tout manquement aux présentes dispositions, notamment en ce qui concerne le marquage, peut donner lieu, indépendamment des sanctions pénales susceptibles d’être prononcées, à l’application d’une sanction administrative prise conformément à l’article L. 946-1 et L. 946-4 du code rural et de la pêche maritime ou à des mesures conservatoires prises conformément à l’article L. 943-1 du même code.

Article 6
Le directeur des pêches maritimes et de l’aquaculture et les préfets de région concernés sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté.

 

Annexe:
 
LISTE DES ESPÈCES DEVANT FAIRE L’OBJET D’UN MARQUAGE EN MÉDITERRANÉE.

NOM COMMUN NOM SCIENTIFIQUE
loup Dicentrarchus labrax
Bonite Sarda sarda
Corb Sciaena umbra
Denti Dentex dentex
Dorade coryphène Coryphaena hippurus
Dorade royale Sparus aurata
Espadon Xiphias gladius
Espadon voilier Istiophorus platypterus
Langouste Palinurus elephas
Maquereau Scomber scombrus
Pagre Pagrus pagrus
Rascasse rouge Scorpaena scrofa
Sar commun Diplodus sargus sargus
Sole Solea solea
Thon jaune Thunnus albacares

 


Le thon rouge de méditerranée

Le thon rouge de méditerranée (Thunnus thynnus) est l’espèce pélagique la plus connue, présente dans l’atlantique et en méditerranée.
Un poisson mythique pour la pêche, nageur infatigable et combattant redoutable.

Le mot “thon” qui vient de la langue d’oc a été emprunté au nom latin thunnus, lui-même venant du grec ancien θύννος (thynnos), dérivé du verbe “thynno” désignant l’action  “de se lancer ou de se ruer”.

L’appellation « thon » s’utilise pour différents taxons (entité d’êtres vivants regroupés parce qu’ils possèdent des critères communs du fait de leur parenté), appartenant tous à la famille des scombridés comme la bonite ou le maquereau.

On  recense sur les océans de la planète, 14 taxons différents.
Parmi les plus connus on peut citer :

  • Le listao (Katsuwonus pelamis) le plus pêché.
  • L’albacore (Thunnus albacares) ou thon jaune.
  • Le patudo (Thunnus obesus) ou thon obèse.
  • Le germon (Thunnus alalunga).
  • Le thon rouge (Thunnus thynnus).

Morphologie.

Les grands thons rouges peuvent dépasser les 3 mètres et atteindre jusqu’à 600 kg. Ils peuvent vivre plus de 20 ans.

Les thons comme toutes les espèces de la famille des sombridés ont un corps fusiforme, rigide et surtout très hydrodynamique.
Le dos de sombre tranche avec les flancs et le ventre de couleur nacrés.

Le corps présente deux nageoires dorsales distinctes, le plus souvent séparées. La première est supportée par des épines dorsales, la seconde ne contenant que des rayons mous.
Les nageoires pelviennes sont insérées sous la base des nageoires pectorales.
La nageoire caudale est profondément échancrée.
Pêche sportive du thon en méditerranée

Tous les scombridés ont une paire de carènes caudales au milieu du pédoncule caudal à la naissance de la nageoire caudale et des pinnules de chaque côté du corps entre la seconde dorsale et la caudale.

Excellents nageurs, leur corps est conçu pour une nage performante à la fois en vitesse et en endurance. Ils ont la particularité de posséder des encoches et des dépressions sur le corps leur permettant  de replier la première nageoire dorsale, la nageoire anale ainsi que les nageoires pelviennes et pectorales lorsque qu’ils nagent rapidement, accentuant leur hydrodynamisme. La queue en forme de lune est assez rigide et fixée sur un pédoncule court et musclé. Toutes ces particularités font de lui une véritable torpille dans l’eau lui permettant d’atteindre des vitesses de plus de 70km/h.

Cependant, pour satisfaire leurs besoins en oxygène et par conséquent rester en vie, les thons doivent nager sans cesse.

En effet, contrairement aux autres poissons qui contractent leurs mâchoires et leurs opercules pour pomper l’eau à travers leurs branchies, les thons ventilent leurs branchies en maintenant un flux d’eau continu de leur bouche jusqu’aux branchies. C’est la façon la plus efficace pour récupérer une quantité importante d’oxygène avec un coût énergétique moindre.
Seul inconvénient : les thons ne peuvent s’arrêter de nager sous risque de suffoquer. Ils doivent donc en moyenne nager au moins à 0.65 m/s pour maintenir un flux d’eau vital.

C’est la raison pour laquelle les monter à bord pour faire des photos est formellement interdit lors de leur pêche en no-kill (lire la règlementation).

La surface d’échange des branchies du thon est 30 fois supérieure à celle des autres poissons.
Pour transférer l’oxygène des branchies vers les muscles, les thons ont un cœur proportionnellement 10 fois plus gros et qui bat 3 fois plus vite que les autres poissons.
Le taux d’hématocrite dans son sang est de l’ordre de 40%.

Aspects physiologiques de la nage du thon.

Comme la plupart des poissons, le thon possèdent deux types de muscles:

  • Les muscles blancs, fournissent les pointes d’énergie (vitesse de pointe)
  • Les muscles rouges, permettent de maintenir une nage rapide soutenue.

La proportion de muscles rouges est cependant plus importante chez les thons que chez les autres poissons. Leurs muscles blancs majoritaires, peuvent fonctionner en condition d’aérobie comme d’anaérobie (avec ou sans oxygène).
Les muscles rouges sont situés de part et d’autre de la colonne vertébrale et s’étendent latéralement.

La thermorégulation.

Du fait de leur besoin de nager continuellement, le métabolisme musculaire des thons produit de la chaleur en permanence .

Les thons sont des animaux poïkilothermes, (se dit d’un organisme dont la température interne varie). Ce sont les seuls poissons, avec certains grands requins, à posséder un système d’échangeurs de chaleur.  Ce système complexe, que l’on nomme “rete mirabile”, leur permet de conserver au chaud muscles et viscères et ainsi de pouvoir plonger dans des eaux profondes et froides.

Toutefois, ce système n’est pas aussi élaboré chez toutes les espèces de thons et diffère entre les jeunes et les adultes.

Après une plongée profonde et prolongée, le thon peut accélérer la récupération d’une température corporelle plus élevée dans les eaux chaudes de surface en désactivant son système thermorégulateur et en permettant au sang de se réchauffer au contact de l’eau.

La température corporelle élevée des thons leur permet :

  • Une contraction plus rapide des muscles rouges à un rythme proche de celui des muscles blancs, contribuant ainsi à une nage rapide.
  • Un transfert plus rapide de l’oxygène du sang vers les cellules musculaires.
  • Une récupération plus rapide en augmentant la dégradation de l’acide lactique (résultant de la contraction des muscles).
  • Une bonne vision en profondeur en maintenant une température élevée au niveau des yeux et du cerveau.

Distribution.

Le thon rouge est présent dans l’Atlantique, dans la Méditerranée et autrefois en mer du Nord.

Habitat.

Les thons sont des poissons marins pélagiques qui vivent à proximité de la surface des eaux équatoriales, tropicales et tempérées. Les thons passent la plupart de leur temps au-dessus de la thermocline, mais sont capables de plonger à plusieurs centaines de mètres pour rechercher leur nourriture.
Le thon rouge peut ainsi plonger à plus de 1000m de profondeur.

Les individus les plus petits et les juvéniles sont surtout épipélagiques (entre la surface et la thermocline) alors que les individus plus gros tendent à être mésopélagiques.

Comportement.

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Les thons ont un comportement grégaire. Ils se regroupent en bancs leur permettant de chasser de manière plus efficace. Ces bancs peuvent regrouper jusqu’à 5000 individus. Certaines variétés de thons se regroupent en fonction de leur taille. Le regroupement des poissons en banc offre une protection aux juvéniles placés au centre. La formation en banc leur permet aussi de dépenser moins d’énergie pour nager. La position de chaque poisson dans le banc est maintenue grâce à sa ligne latérale et ses capteurs et la structure du banc s’apparente à celle des atomes d’un cristal.

L’alimentation.

Ce sont des prédateurs opportunistes. Les thons adultes se nourrissent surtout de poissons pélagiques, épipélagiques (thons juvéniles) et mésopélagiques (crustacés et céphalopodes).

Les thons chassent leurs proies à vue. Pour satisfaire leurs besoins, ils doivent parcourir de grandes distances. Pour chasser leurs proies en banc, les thons cherchent à disperser les poissons en cassant les bancs. Ils peuvent détecter des traces infimes d’huiles, de protéines et d’acides aminés qui composent le mucus de leurs proies. Lorsque les proies sont à portée, les thons peuvent exhiber un comportement particulier semblable à la “frénésie” (accélération de la nage, changement de la nage, claquement des mâchoires, apparition de bandes sombres sur les flancs).

Si on peut observer leurs comportements de chasse pendant la journée, les thons se nourrissent aussi au début de la nuit lorsque le micronecton mésopélagique remonte vers la surface.

La reproduction du thon.

Maturité et fécondité.

A l’exception des thons rouges, la plupart des thons et espèces voisines atteignent l’âge de leur maturité entre 2 et 5 ans.

La ponte.

La ponte du thon rouge est saisonnière.

Ils frayent dans les zones où la survie des larves est la plus grande. Le thon rouge d’atlantique et de méditerranée présentent un comportement de “homing” et retourne se reproduire chaque année vers la zone où il est né.

Les thons pondent en pleine eau à proximité de la surface. Les œufs sont relâchés par les femelles en plusieurs fois.

Le nombre d’œufs à chaque ponte varie entre 2 et 70 millions d’œufs.

Croissance.

On distingue les étapes suivantes de la croissance :

  • les larves (issues des œufs et d’apparence très différente des autres étapes)
  • les juvéniles (d’apparence semblable aux adultes mais sexuellement immatures)
  • les adultes (sexuellement matures)

Taux de croissance.

La plupart des scombridés ont une croissance rapide et atteignent leur taille adulte en quelques années. Les taux moyens de croissance dépendent de l’espèce, de l’âge et de la zone, mais en général, les taux de croissance des thons varient entre 20 et 30 cm par an et décroissent avec l’âge.

Longévité.

La longévité des thons varie entre quelques années pour les thons les plus petits et 12 à 15 ans pour les plus gros. Le record appartient au thon rouge du Sud (25 ans) et au thon rouge Atlantique (20 ans).

Mortalité naturelle.

La mortalité des thons adultes varie entre 0,2 et 0,6. La mortalité des juvéniles est plus élevée.


La bonite

Sous le nom vermiculaire de “bonite” on désigne plusieurs espèces de poissons pélagiques appartenant toutes à la famille des scombridés.
Le nom bonite dérive de l’italien “bonito” qui signifie bon, en relation avec le goût fortement apprécié de la chair de ces différentes espèces.

Le bonitou (Auxis rochei)/(bullet tuna en anglais), ou bonite commune, est une espèce pélagique appartenant à la famille des thons.
Bien que sa taille soit plus modeste son comportement la place sur les prises de choix de la pêche sportive en mer.

La bonite commune ou Bonitou

La bonite commune – Auxis rochei (Risso 1810)

Morphologie.

Taille:

moyenne : 50 cm
maximale : 70 cm pour près de 8 kg
Taille minimale de capture : 23 cm

Le corps des bonites est fusiforme, ovalisé et comprimé latéralement, avec deux nageoires dorsales bien séparées.
La première dorsale est constituée de longues épines, la deuxième nageoire dorsale est suivie de 8 pinnules.
Les nageoires pectorales sont courtes et la nageoire anale est suivie de 7 pinnules.
La tête est pointue, avec des yeux relativement petits.
Les opercules sont striés.
Les dents sont pointues, coniques et dirigées vers l’arrière.
La coloration du dos est bleu sombre, le haut des flancs est marqué de courtes marbrures transversales noirâtres de la première nageoire dorsale à la queue. Les flancs et le ventre sont blancs avec des reflets nacrés.

Distribution.

Le bonitou (Auxis rochei) est l’une des plus abondantes espèces de petits thonidés en Méditerranée. Elle est aussi présente en Méditerranée dans les différents océans du globe (atlantique, indien et pacifique).

Habitat

Espèces pélagique, les bonites vivent en banc près de la surface dans les couches d’eaux bien éclairées et chaudes. La zone de prédilection est la zone côtière, mais en été les bonites se rapprochent très près du littoral.

Comportement.

La bonite est un poisson grégaire qui évolue près de la surface des eaux en saison chaude puis se déplace vers les eaux plus profondes en hiver. On trouve ce poisson là ou évolue le poisson fourrage qui constitue sa principale source de nourriture.

Alimentation.

Carnivore et prédateur actif, la bonite se nourrit de petits poissons qu’elle chasse dans les bancs de sardines et d’anchois. Elle est aussi friande de calamars, seiches et mollusques.
C’est aussi une proie de choix pour des grands chasseurs comme les thons rouges.

Reproduction.

Comme tous les scombridés les sexes sont séparés, et il n’existe aucun critère externe permettant de différencier les mâles des femelles.
La taille de la première maturité est de 20cm selon Chur (1977).
La période du frai se produit entre juin et juillet. Une femelle en pleine maturité sexuelle pond entre 400 000 et 500 000 œufs. Les œufs pélagiques dérivent aux grés des courants. Après éclosions l’alevin une fois son sac vitellin résorbé se nourri du zoo-plancton qu’il trouve proche de la surface.

La pêche de la bonite.

La bonite est surtout pêchée au filet par les professionnels. Les amateurs préfèrent la pêcher à la traîne, au broumé ou sur chasse.
La pêche dite au broumé consiste à laisser partir dans le courant de tout petits morceaux de sardines ou autres jus ou mélange sapide pour attirer les pélamides. On peut pêcher au broumé avec un bateau ancré ou en dérive lente. On attrape les poissons qui remontent les effluves jusqu’au bateau. Cette technique permet d’attraper de nombreux autres espèces pélagiques comme les thons et maquereaux.
On peut aussi pêcher la bonite à l’aide d’une canne à mouche sur les chasses avec des streamers ou mouches de mer ou au lancer ramener en utilisant de petits poppers ou des leurres de surface.
Combat assuré pour cette pêche sportive, la bonite ayant une défense assez exceptionnelle.

Il n’existe pas de maille légale pour la pêche de la bonite, cependant la maille biologique de 40cm devrai faire figure de référence pour ceux qui veulent que ce poisson puisse se reproduire au moins une fois.


La daurade royale

La dorade royale (Sparus Aurata), ou daurade, est une espèce appartenant à la famille des Sparidés.

Daurade royale

La daurade royale – Sparus Aurata

Morphologie.

Taille:

Moyenne : 25 à 45 cm
Maximale : 60 cm pour près de 7 kg
Taille minimale de capture : 23 cm pour la pêche de loisir

Son corps ovale et trapu possède une belle livrée gris argent pouvant varier du bleu au jaune paille.
Son front est marqué d’une bande dorée qui lui vaut le surnom de « belle aux sourcils d’or ».
Elle possède aussi une tache noire à la base de la ligne latérale ainsi qu’une tâche orangée sur le bas de l’opercule, ce qui facilite son identification.
Sa mâchoire dotée de puissantes incisives et de redoutables molaires est capable de broyer moules et huitres pour se nourrir.

En cuisine sa chair d’une grande finesse est très appréciée sur la table des gourmets.

Distribution.

Sparus aurata est une espèce présente le long des côtes de l’Est de l’Atlantique depuis l’Angleterre jusqu’au Rio de Oro, mais elle est surtout très commune en Méditerranée où elle fréquente les lagunes de France continentale, de Corse, d’Afrique du Nord et occidentale et d’Italie.

Habitat.

La daurade royale est un poisson côtier.
Ses fortes capacités osmo-régulatrices (de 1 à 54 de salinité) lui permettent de s’épanouir dans les lagunes du littoral méditerranéen très riches en nutriments.
Elle affectionne les fonds sableux de 1,50 à 2m et plus encore les fonds mixtes comprenant roches éparses et coursives de sable, ainsi que les bordures de secteurs rocheux.
Les herbiers de posidonie sont le biotope le plus apprécié par les daurades mais on les trouvent aussi dans les ports ainsi qu’ aux abords des digues.

Comportement.

Poisson grégaire, la daurade est un poison migrateur qui se déplace en bancs importants.

Alimentation.

La daurade se nourrit principalement de crustacés et de mollusques, dont elle broie les coquilles grâce à ses puissantes dents. Pouvant broyer huîtres et moules, elle occasionne chaque année d’importants dégâts chez les conchyliculteurs.

Elle est aussi cependant très friande d’autres coquillages ainsi que de crustacés et de vers marins.

Reproduction.

La daurade royale a la particularité d’être une hermaphrodite protandrique.
Elle naît mâle avant de devenir femelle aux alentours de la troisième année. Deux ans seulement après sa naissance, elle mesure déjà une vingtaine de centimètres.

La maturité sexuelle ou maille biologique se développe chez les mâles à l’âge de 2 ans (20–30 cm) et chez les femelles à l’âge de 2–3 ans (33–40 cm).
Les femelles peuvent pondre de 20 000 à 80 000 œufs sur une période qui peut aller jusqu’à 4 mois.

La migration en Languedoc Roussillon.

En hiver, les daurades fréquentent le large dans des zones allant de 20 jusqu’à 150 mètres de profondeur.

Nés en mer d’octobre à décembre, les juvéniles migrent au début du printemps vers les eaux côtières abritées où elles trouvent des températures plus douces et des ressources trophiques abondantes.
Les juvéniles vivent le long des côtes ou dans les embouchures des fleuves côtiers durant la première année de leur vie.

Les adultes approchent souvent des côtes et entrent dans les étangs salés de la Méditerranée au printemps pour y rester tout l’été à se nourrir.
La « rentrée» de la daurade se situe en effet pendant la phase d’isothermie printanière.
Les jeunes daurades immatures commencent à entrer dans les étangs au mois de février puis sont suivis par les cohortes des plus anciennes.

Sensibles aux faibles températures elles retournent en pleine mer dès la fin de l’automne pour y assurer leur reproduction.

La pêche de la daurade.

Avec le loup, la daurade royale figure parmi les poissons les plus prisés des pêcheurs en mer.

C’est un poisson craintif, d’une méfiance légendaire et très tatillon vis-à-vis des appâts et des montages proposés.

Les grosses daurades se manifestent souvent au départ par des touches infimes. L’utilisation d’une canne à buscle permet de détecter ces type de touche grâce à la sensibilité de leur scion.
Elle commence en déplaçant et en retournant l’appât du bout des lèvres. Puis elle l’engame et le recrache dans la foulée pour le reprendre en gueule ensuite et l’avaler.
Pendant cette phase de mise en bouche délicate, la moindre tension suspecte au niveau de l’esche peut entraîner un refus définitif.

Les montages coulissants avec un bas de ligne monté fin sont vivement recommandés pour tromper sa vigilance et tenter de la l’attraper.

La royale se pêche en bateau, essentiellement à l’appât naturel, de préférence à la moule, au crabe ou aux vers.
Une fois piquée, elle développe une défense très énergique, alternant rushs puissants et coups de tête nerveux.

Un poisson technique, difficile à pêcher et qui développe souvent une défense particulièrement énergique afin de se libérer.

Un poisson roi en sorte…


Nos poissons prennent leurs quartiers d’hiver

L’heure de la reproduction à enfin sonnée.

Nous sommes à la mi-novembre, et même si nous vivons une fin d’automne exceptionnelle, les températures de l’eau et de l’air ont bien baissé. Les journées sont plus courtes. Les poissons l’ont bien senti et ils commencent à regagner leurs quartiers d’hiver.

Récemment, les daurades ont quitté la lagune de Salses/Leucate pour rejoindre la mer. Au large, elles vont se reproduire et assurer ainsi la survie de l’espèce. Il y a quelque temps déjà qu’elles se sont regroupées en bancs pour sortir de la lagune. Comme elles, les loups ne vont pas tarder aussi. Depuis la fin de l’été, ils n’ont eu de cesse d’emmagasiner de la graisse pour se préparer à affronter les rigueurs de l’hiver.

Les loups (dicentrarchus labrax) ou bars en atlantique sont mieux adaptés aux variations de température. Ils attendent le moment et préparent eux aussi leur migration pour aller se reproduire. Les locaux le savent bien, et nombreux sont ceux à venir, tenter leur chance à la pêche au loup de nuit, aux sorties des graux du Barcares et de Leucate.

La reproduction du Loup.

Le corps des poissons est truffé de capteurs. Ils lui fournissent tout au long de l’année des informations sur les modifications liées à son l’environnement. Ils le renseignent ainsi sur la photo-période, cette combinaison des nombres d’heures de jour et de nuit, qui varie selon les saisons.

La photo-période est ensuite analysée par la glande pinéale ou épiphyse. C’est en quelque sorte le troisième œil des poissons.

Elle agit comme un intermédiaire entre les variations de la photo-période et l’activité sexuelle. Elle contribue à synchroniser les conditions physiques les plus favorables de l’environnement avec la période de reproduction.
Ainsi, lorsque les jours raccourcissent ou s’accroissent et que la photo-période varie, la glande pinéale va sécréter une hormone la mélatonine qui va influer sur le comportement du poisson. Certains vont se rassembler en banc comme les daurades pour migrer ensemble, d’autres vont préparer un nid, mais tous vont modifier leur comportement afin d’être prêt au moment venu, à la période du frai.

Pour la survie d’une espèce, il est essentiel que les jeunes naissent et soient sevrés au moment où les conditions naturelles sont les plus favorables. Ces périodes sont différentes selon les espèces.
Ainsi, la glande pinéale joue un rôle central dans la régulation du rythme biologique.
En plus de ce troisième œil, les poissons ont une ligne de capteurs (les neuromastes), bien visible sur les flancs. La moindre variation de courant, de pression, mais aussi de température, ne pourra passer inaperçue.
Si la température varie sensiblement et que la photo-période est en phase, c’est alors le déclenchement de la ponte.

Entre janvier et mars, les loups femelles vont choisir le meilleur moment pour libérer dans l’immensité de la Méditerranée leurs milliers d’œufs.

Trois cent milles œufs par kilo de son poids !

Durant la période de reproduction, les poissons s’affaiblissent et dépensent énormément d’énergie pour produire leurs œufs.
Le loup en méditerranée atteint sa maturité sexuelle aux alentours de ses trois ans. Il peut pondre jusqu’à trois cent mille œufs par kilo de son propre poids !
Certains spécimens d’une vingtaine d’années peuvent atteindre la taille d’un mètre et peser jusqu’à dix kilos. En résumé, plus un poisson est gros, plus il pond d’œufs et plus il assurera la survie de l’espèce.

Les tailles minimales de capture du loup sont de 25 cm en Méditerranée et 36 cm en Atlantique. La différence s’explique par des conditions plus favorables en Méditerranée qui font que les loups deviennent matures sexuellement plus rapidement.

Normalement la taille de capture doit permettre d’éviter de pêcher des individus qui n’ont pas encore reproduit. Cette réglementation présente malgré tout l’inconvénient de permettre la pêche des plus gros spécimens qui sont aussi ceux au plus fort potentiel de reproduction.

Après le frai, les œufs flottent dans la colonne d’eau. De nature pélagique, ils sont transportés au gré des courants. Ils éclosent en moyenne entre 120 et 130 heures après la ponte. Après avoir résorbé leur sac vitellin, les larves vont se nourrir du zoo-plancton présent et grandir rapidement. Elles sont malgré leur quantité importante du départ une source de nourriture pour tous les prédateurs environnants. Les juvéniles survivants vont ensuite vivre en banc de même taille dans les nurseries, principalement constituées par des herbiers de posidonie. Plus tard à l’âge adulte, ils vivront seul ou en petits groupes.

Afin de préserver la ressource de notre passion, nous autres pêcheurs, nous avons un devoir. Même si leur taille en permet la capture, mais que leurs ventres sont remplis d’œufs, relâcher ces femelles n’enlèvera rien au plaisir de notre pêche, mais garantira un peu plus la pérennité de l’espèce. Cependant, s’abstenir de pêcher le loup en période de reproduction reste la meilleure solution pour que demain, nos enfants eux aussi connaissent les plaisirs et sensations que procure cette pêche.